
Le vice-président de la Commission des finances de l'ARP, Dhafer Sghiri, a souligné jeudi 22 octobre 2026 la nécessité d'un dialogue équilibré entre les pouvoirs exécutif et législatif lors de l'examen du projet de loi de finances 2027. Selon ses dires, ce dialogue doit tenir compte des contraintes des finances publiques, tout en préservant le rôle du Parlement dans la discussion, l'amendement et la proposition de mesures.
Intervenant dans l'émission au micro de radio Express FM, le parlementaire a indiqué que la commission a entamé l'examen du texte, en coordination avec son homologue du Conseil national des régions et des districts, et que des auditions du ministre de l'Économie et de la ministre des Finances sont prévues. Il a insisté sur le fait que l'efficacité d'une loi de finances se mesure à la pertinence de ses mesures et à leur capacité de transformer l'économie, d'améliorer le pouvoir d'achat et de renforcer les équilibres financiers, non à leur nombre.
Évoquant un déficit budgétaire de 15 milliards de dinars, Dhafer Sghiri a plaidé pour le renforcement des ressources propres de l'État, de la production et de la création de richesse, plutôt que pour une dépendance à l'endettement et à la Banque centrale. Constatant que plus de 90% des ressources budgétaires proviennent de la fiscalité alors que l'économie parallèle dépasse 40% de l'activité, il a préconisé l'élargissement de l'assiette fiscale, la numérisation de l'administration, la simplification des procédures et un meilleur accès au financement, afin d'inciter des milliers d'entreprises à intégrer le secteur formel.
Dans la même veine, Dhafer Sghiri a qualifié de “devoir national” le sauvetage des entreprises publiques, tout en conditionnant tout soutien à des programmes clairs de restructuration, de gouvernance et de transparence. Injecter des fonds dans des entreprises chroniquement déficitaires, sans objectifs ni réformes, ne constitue pas, selon lui, une solution durable. Il a appelé à des études sur l'avenir de chacune, y compris le recours à des partenariats public-privé.
En ce qui concerne le budget 2027, le député a recommandé plusieurs scénarios pour le prix du pétrole, y compris des cours de 130 à 140 dollars le baril, chaque dollar supplémentaire coûtant environ 160 millions de dinars. S’agissant de la croissance, il a cité le potentiel du phosphate, du tourisme, de l'agriculture, de l'industrie et des services, appelant à renforcer les exportations, la production locale et à limiter les importations, ainsi qu'à développer des financements adaptés aux startups, notamment le capital-risque.
Concernant les 500 entreprises communautaires prévues d'ici 2027, Dhafer Sghiri a dit ne pas s'opposer à cette orientation, mais souhaite une évaluation fondée sur des indicateurs précis : emplois créés, rentabilité, impact social et régional. Il a rappelé que ces entreprises ne sont qu'une composante du tissu économique, aux côtés des microentreprises, des startups et des secteurs traditionnels, qu'il faut développer ensemble plutôt que de miser sur un modèle unique.
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