
D'après la dernière publication de l'Instance Nationale des Télécoms sur le deuxième trimestre 2026, le marché tunisien des télécommunications retrouve une dynamique positive après deux ans de contraction de son parc d'abonnés. Bien que la progression des revenus demeure modeste et constante, elle s'appuie désormais quasi exclusivement sur les services web.
La contraction observée précédemment, soit une baisse de 5,6% durant l'année deux 2024 puis de 1,1% l'année suivante, s'expliquait principalement par l'assainissement des comptes inactifs et de la possession multiple de puces, plutôt que par une désaffection des utilisateurs. Le parc global remonte désormais à 17,1 millions de souscriptions, retrouvant son volume de 2022 tout en demeurant en deçà du sommet de 17,9 millions enregistré en 2023. Dans cette évolution, le réseau fixe affiche un dynamisme supérieur au mobile, entraînant une diminution continue de la part de ce dernier au sein du parc téléphonique global, passant de 90,6 à 87,6% sur une période de cinq ans.
Les connexions fixes à domicile constituent le moteur principal du secteur, portées par l'expansion du très haut débit filaire et des accès sans fil d'intérieur. Ce segment atteint un taux d'équipement inédit de 52,3% des foyers. En conséquence, la part des accès mobiles dans le total des connexions Internet recule de 90,9 à 89,5%. Le marché de l'Internet sur smartphone plafonne quant à lui aux alentours de 9 résidents sur 10, sans rejoindre son niveau record de 93,5% atteint en 2023. La saturation du nombre d'utilisateurs impose désormais aux opérateurs de fonder leur développement sur l'augmentation du volume de données consommées, la commercialisation de la cinquième génération de réseau mobile déployée depuis 2025 et l'essor des formules regroupées.
Sur le plan financier, la valeur générée par la profession franchit dorénavant le seuil du milliard de dinars chaque trimestre. Néanmoins, l'accroissement moyen annuel de 3,6% constaté depuis 2021 ne permet pas de compenser une hausse générale des prix oscillant entre 5 et 6% par an, ce qui traduit une légère érosion des recettes réelles. La structure des revenus s'est profondément transformée en faveur du transfert de données, qui concentre désormais 74,1% du chiffre d'affaires global. À l'inverse, les communications vocales traditionnelles ne représentent plus que 25,9% de l'activité contre plus de 40% en 2021, soit un effondrement de près d'un quart de leur valeur en cinq ans lié à l'usage massif des applications de messagerie en ligne et à la rivalité tarifaire.
La hausse des recettes suivant une courbe similaire à celle de l'augmentation du nombre de clients, située entre 2,6 et 3%, le montant moyen dépensé par abonné demeure stationnaire en valeur nominale, ce qui équivaut à un effritement de pouvoir d'achat pour les prestataires. Le creux de vague observé entre 2024 et 2025 appartient à présent au passé, laissant place à une expansion mesurée sur l'ensemble des segments. La croissance future et la préservation de la rentabilité reposeront sur la capacité du marché à monétiser le trafic de données, la technologie mobile de dernière génération et les offres intégrées, à un moment où les investissements massifs dans les infrastructures de transport de données pèsent lourdement sur les marges financières des entreprises du secteur.
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