
L'expert en économie et analyste financier, Bassem Ennaifer, a fait le point ce vendredi 7 mars 2025, sur les ondes de radio Express FM, sur le rapport de l'agence de notation Fitch Ratings concernant la problématique de la rentabilité des banques tunisiennes à la suite des récentes régulations sur les prêts et la modification du taux d'imposition. A cet effet, il a déclaré que les statistiques présentées par l'agence sont très sensées, avec une incidence directe sur la marge d'intérêt qui se situe à 45,4% du PNB en 2024 (comparativement à 54% en 2021). D'après lui, certains effets seront perceptibles dans les résultats de 2024, tandis que d'autres se manifesteront dans ceux de 2025. Il est à noter que cela dépendra également du crédit en cours.
Dans le même registre, Bassem Ennaifer a précisé que la rentabilité des prêts à taux fixe va connaître une baisse. Ainsi, de manière concrète, les prêts à long terme d'une durée de quinze à vingt ans seront affectés. Étant donné le coût des ressources, un prêt à long terme ne sera pas seulement sans profit, mais en outre il engendrera un coût pour les banques, ce qui entraînera une perte financière sur ce genre de crédits. Étant donné que les banques sont des sociétés orientées vers le profit, elles octroieront un nombre réduit de prêts à coût fixe. Selon les propos de l’expert, la durée moyenne des prêts en cours pourrait diminuer à sept ou dix ans, sauf si les banques décident d'octroyer des crédits à long terme avec un taux d'intérêt variable, ce qui constituerait une menace pour l'établissement bancaire et son client.
Par ailleurs, l’invité d’Expresso a déclaré que ces récentes réglementations pour le secteur bancaire auront un impact sur la réduction des ressources de l'État, à même que ledit secteur s’orientera davantage vers la gestion d'actifs, en particulier ceux empruntés à l'État. Au final, toutes ces actions auront des conséquences sur la croissance économique et les investissements en raison de l'instabilité des prévisions macroéconomiques pour les entreprises et les investisseurs. De plus, les banques rencontreront des problèmes pour obtenir des ressources à moindre coût. Et de faire valoir que tout cela a été discuté, ce qui est inhabituel avec le rapport de Fitch Ratings, c'est l'évaluation chiffrée de l'impact : étant une agence de notation, elle possède certaines informations que tous ne détiennent pas.
Avant ces dispositions, Bassem Ennaifer a observé que beaucoup affirmaient que le secteur bancaire ne soutenait pas l'économie. Toutefois, comme il le souligne, l'application de cette loi risque d'accroître, du moins à court terme, la résistance du secteur bancaire à soutenir l'économie, jusqu'à atteindre un nouvel équilibre avec des coûts de ressources acceptables pour éviter des pertes financières. De plus, il est d'avis que les banques accorderont davantage d'importance à la récupération des dettes de classe 3 et 4, en raison de reprises sur provisions qui influeraient positivement sur leurs résultats. Selon l'analyste, il pourrait prendre deux à trois ans aux banques pour établir un modèle de fonctionnement renouvelé et atteindre un taux de rentabilité des fonds propres conforme à la moyenne actuelle.
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