
L'analyste financier Moez Hadidane a indiqué, mardi 6 octobre 2026, que les dépenses d'intervention de l'État s'élèvent à 19,8 milliards de dinars selon la loi de finances 2026, soit environ 38% des ressources propres du budget. Ce montant se répartit entre 9,7 milliards de dinars de subventions et environ 10 milliards de dinars d'aides, transferts et allocations sociales.
Lors de sa participation à l'émission Midi Express, Moez Hadidane a précisé que les subventions représentent à elles seules 18,1% des ressources propres de l'État, principalement consacrées aux hydrocarbures et aux produits de première nécessité. En effet, près de 5 milliards de dinars sont ainsi alloués aux hydrocarbures, dont 3,1 milliards pour la STEG et 1,9 milliard pour la STIR, tandis que les subventions aux produits de base avoisinent 4 milliards de dinars, dont 70% (2,8 milliards) pour les seules céréales, un secteur où la Tunisie reste largement dépendante des importations.
Poursuivant dans le même sillage, l’analyste financier a indiqué que les autres subventions se répartissent entre le lait (540 millions de dinars), les huiles végétales (400 millions) et le sucre (60 millions). Pour illustrer l'ampleur de ces montants, il a comparé le coût annuel des subventions céréalières à celui de la construction de quatre hôpitaux universitaires de 500 lits chacun.
Selon Moez Hadidane, ce niveau de dépenses limite la capacité de l'État à investir, une large part des subventions étant absorbée par la consommation directe sans se traduire en investissements productifs. Il n'a toutefois pas remis en cause le principe de la subvention, mais ses modalités de distribution, plaidant pour un ciblage prioritaire des 20% de la population aux revenus les plus faibles plutôt qu'une aide universelle. L’analyste a évoqué l'identité numérique ou la carte sociale comme mécanismes possibles pour différencier les bénéficiaires éligibles des autres citoyens, s'appuyant sur des expériences similaires menées dans des pays arabes et occidentaux.
Dans le même propos, Moez Hadidane a estimé qu'une réduction de 75% des subventions et transferts, tout en maintenant un quart de ces fonds pour les plus démunis, permettrait à l'État d'économiser environ 15 milliards de dinars, réorientables vers l'investissement. Il a conclu en soulignant que l'objectif n'est pas de supprimer les subventions, mais de les rationaliser pour protéger les catégories vulnérables tout en dégageant des ressources pour le développement économique.
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