La Tunisie perd du terrain dans le classement des principales économies africaines

Longtemps classée parmi les économies africaines les plus performantes en termes de richesse par habitant, la Tunisie voit aujourd’hui son positionnement relatif se dégarader. Selon le dernier classement de la Banque mondiale, publié le 1er juillet 2026 et couvrant 218 économies, le pays ne figure plus parmi les dix premières puissances économiques du continent, que ce soit en matière de PIB nominal, de PIB en parité de pouvoir d'achat (PPA), de revenu par habitant ou de population, selon le dernier de Tema.

Ce recul ne résulte pas d'un effondrement économique, mais plutôt d'un décrochage face à des pays africains bénéficiant d'une forte croissance, d'un marché intérieur plus vaste et d'une démographie plus dynamique. L'Égypte, le Nigeria, l'Afrique du Sud, l'Algérie et le Maroc dominent désormais le classement continental, ce dernier ayant notamment renforcé son attractivité pour les investissements.

Avec une population d'un peu plus de 12 millions d'habitants et un PIB relativement modeste, la Tunisie peine à rivaliser avec ces grandes économies. En Afrique du Nord, l'Égypte s'impose comme le premier marché régional, suivie par l'Algérie et le Maroc, tandis que la Tunisie occupe désormais une position plus secondaire.

Le pays conserve toutefois un atout : son niveau de vie reste relativement élevé à l'échelle africaine. En 2024, son PIB par habitant en PPA atteignait 14 521 dollars, un niveau supérieur à celui de nombreux pays subsahariens et comparable à certaines économies intermédiaires du continent. Cet avantage ne compense cependant ni la faible taille du marché tunisien ni le ralentissement de sa croissance.

La Tunisie demeure ainsi une économie à revenu intermédiaire, mais son poids économique relatif s'est réduit. Si elle reste plus développée que de nombreuses économies africaines, elle apparaît désormais comme une puissance de second rang en Afrique du Nord, freinée par la stagnation de son modèle de croissance et des vulnérabilités structurelles persistantes.

Source : Tema

© Copyright Tustex