
Nadia Gouta, responsable du Programme de croissance inclusive et de développement humain au PNUD, a présenté mardi 22 septembre 2026 dans l'émission « Expresso » les résultats d'une étude de terrain consacrée à l'inclusion financière des femmes et des jeunes en Tunisie, menée auprès de 1 457 femmes et 1 179 jeunes.
Cette étude s'inscrit dans le cadre du Plan de développement 2026-2030, dans son volet consacré à l'intégration des catégories vulnérables au système financier, ainsi que dans le projet sur l'économie verte et l'autonomisation économique des femmes, mené avec le ministère de l'Économie et de la Planification et financé par le Canada. Elle a été conduite dans sept gouvernorats, Gabès, Médenine, Tataouine, Kébili, Gafsa, Tozeur et Kairouan, où d'importantes disparités ont été relevées par rapport au reste du pays.
Dans le même propos, Nadia Gouta a rappelé que l'inclusion financière ne se limite pas à la possession d'un compte bancaire, mais suppose un accès effectif à des services financiers adaptés, formels et accessibles à un coût raisonnable. Selon elle, femmes et jeunes représentent un potentiel économique important, mais restent confrontés à des difficultés d'accès persistantes.
En effet, les chiffres illustrent l'ampleur du phénomène : seuls 18% des jeunes interrogés disposent d'un compte bancaire, et 70% n'ont aucun compte auprès d'un service financier. Les sept gouvernorats étudiés, qui couvrent plus de la moitié du territoire tunisien, ne comptent qu'un peu plus de 200 agences bancaires, contre plus de 2 000 à l'échelle nationale. Par ailleurs, 35% des étudiants et 23% des jeunes sans emploi estiment ne pas être concernés par les services financiers.
L'étude révèle également un fort attachement aux espèces : si 50% des jeunes font confiance aux comptes numériques, 98% privilégient les transactions en liquide, et 66% des utilisateurs du numérique ne jugent pas nécessaire de se rendre en agence. Du côté des femmes à faibles revenus, seules 35% possèdent un compte bancaire et 18% un compte auprès d'un service financier formel, contre 50% qui recourent aux bureaux de poste. Là encore, 98% préfèrent les espèces, la moitié d'entre elles percevant leurs revenus sous cette forme.
Nadia Gouta a par ailleurs pointé un taux de recours à l'assurance quasi nul (0,2%) dans les régions étudiées. Elle a enfin relevé que 81% des personnes interrogées ignorent l'existence des services d'accompagnement non financier, alors que 48% des bénéficiaires de ces services recherchent avant tout une formation technique et professionnelle, un accès étroitement lié à la présence locale de centres de formation, bureaux de l'emploi et institutions de microfinance.
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