
L’Observatoire tunisien de l’économie met en garde contre les implications économiques et stratégiques des projets de concessions dans les énergies renouvelables destinées à la production d’électricité. L'ogranisme estime que ces initiatives pourraient fragiliser la souveraineté nationale ainsi que les équilibres financiers du pays.
Cette prise de position intervient alors que Assemblée des représentants du peuple examine, en séance plénière, cinq projets de loi portant sur l’attribution de ces concessions. Le débat porte notamment sur des installations prévues à Khebna et Mezzouna (gouvernorat de Sidi Bouzid), ainsi qu’à El Ksour, Skadoud et Menzel Habib.
Dans une note d’orientation récente, l’Observatoire remet en question les fondements de ces projets. Bien que les autorités avancent des objectifs tels que l’indépendance énergétique, la réduction des coûts et le redressement de Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), l’analyse souligne que les mécanismes proposés favoriseraient davantage les intérêts des investisseurs que ceux de l’économie nationale.
Le document met en avant plusieurs vulnérabilités, notamment une exposition accrue de la STEG aux risques financiers. L’entreprise publique pourrait assumer l’essentiel des charges et des aléas, avec à la clé un risque d’endettement croissant.
L’Observatoire pointe également un déséquilibre dans les clauses contractuelles, estimant que celles-ci garantissent la rentabilité des opérateurs étrangers sans contreparties significatives pour l’économie locale, telles que le transfert de technologie, l’intégration industrielle ou la création d’emplois durables.
Parmi les autres préoccupations figurent la prise en charge du risque de change par la STEG et les transferts de devises à l’étranger sur une longue période, susceptibles de peser sur les comptes extérieurs. Des impacts environnementaux potentiels sur les écosystèmes naturels et pastoraux sont également évoqués.
Dans ce contexte, l’Observatoire appelle les députés à rejeter ces projets de concessions et plaide pour l’ouverture d’un débat approfondi. Il recommande une révision de la stratégie énergétique nationale afin de la rendre plus inclusive, en renforçant le rôle des acteurs locaux et en valorisant les capacités industrielles et technologiques nationales.
Enfin, il suggère d’amender le cadre légal en vigueur depuis 2015, afin d’aligner la gouvernance de la politique énergétique sur celle des plans de développement, avec l’objectif de faire de la transition énergétique un levier de développement endogène.
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