BNA : Mondher Lakhal assure : Fini les années de disette pour les actionnaires

Date: 15/01/2019Unité monétaire: TND
Valeur nominale5Nbre d'actions32 000 000
Dernier cours16.990PER (sur 1 année) / marchén.dx/10,76x
Var. der. clôture %0BPA (sur 1 année)-1.17
Bidn.dDer. dividende0
Askn.dDate Distribution
Cap. Boursière543 680 000Var. sur 1 an16.990->16.990
MM(20)-MM(50)16,990-16,990Rdt ajusté depuis le 31/12/2020nc
Echg. quot. moyen (sur une année)0Advance/Decline (sur une année)0 hausses / 0 baisses
La Banque Nationale Agricole a réuni ses actionnaires, le 10 juin, pour statuer sur les comptes 2020 et faire le point sur la situation de la banque, cinq ans après le démarrage de l'exécution du plan de restructuration, qui a pris fin avec la clôture de l'exercice écoulé. Le plan adopté en 2016 a amené la Banque au 2éme rang du secteur en termes de PNB, avec un taux de progression moyen de 5,4% sur la période. L'AG marque également un retour à la rémunération des actionnaires pour la première fois depuis 2012. 
 
"Les années de vache maigre pour les actionnaires sont derrière nous", a indiqué Modher Lakhal, Directeur Général, pour se faire, la banque s'est assurée une marge de manoeuvre en cas de nouvelles exigences par le régulateur,  en vue de distribuer des dividendes. Des actionnaires ont en revanche souligné la faiblesse du dividende proposé, de 0,500 DT par action, qui plus est soumis à la retenue à la source, car prélevé sur le bénéfice 2020.  
 
Crise sanitaire et multiplication des réglementations prudentielles "parfois trop restrictive"s ont marqué l'activité de la Banque, dont les performances sont une preuve de résilience pour le management. Rappelons que la BNA a réalisé en 2020, un bénéfice de 102,3 MD en individuel, un résultat net part du groupe de 107,6 MD. La Banque arrive aujourd'hui à respecter pratiquement toutes les normes prudentielles, avec des ratio de solvabilité, ratio Tier 1 et ratio de liquidité qui dépassent les exigences réglementaires. La banque a d'ailleurs été la seule à faire l'objet d'un stress test imposé par la BCT, a signalé le DG, avec des résultats rassurant sur la capacité de la BNA a affronter les conditions extrêmes, a-t-il ajouté. 
 
La banque s'est penchée sur un plan, de relance cette fois, qui exprimera sa vision pour les cinq prochaines années et les objectifs de la direction pour renforcer le positionnement de la banque verte dans le secteur et l'économie nationale. 
 
Le Directeur Général, Mondher Lakhal a retracé les éléments essentiels enregistrés en 2020. La banque est "à l'aise" selon ses propos, même dans une conjoncture qui ne s'y prête pas, avec une crise arrivée brusquement et plus longue qu'attendu. Le secteur bancaire a un taux de contamination plus élevé que les autres secteurs, a déploré Lakhal à ce propos. 
 
Mondher Lakhal a indiqué que la BNA a œuvré à faire en sorte que 2020 soit dans la continuité des exercices précédents, le plus indépendamment possible de la crise sanitaire, dont le coût en manque à gagner s'est élevé à 45 MD, en plus des 54 MD en provisions collectives. En 2020, l'encours des engagements bruts a progressé de 14,8% par rapport à 2019. En termes de dépôts, la banque affiche une hausse de 2,8% sur 2020, soit une évolution moyenne de 7% depuis 2015. Des efforts particuliers ont porté sur la mobilisation de ressources faiblement rémunérées, les dépôts à terme ont ainsi progressé de 19,6% et les dépôts d'épargne de 9,4%, les dépôts à terme ont diminué de 16% vs 2019. Avec un PNB de 690 MD, la BNA s'est quasiment conformée aux chiffres budgétisés, avec un taux de réalisation de 99%. La banque essaie de réduire la dépendance du PNB envers les crédits pour réduire les aléas, l'objectif étant de réduire la part de l'activité crédit dans la formation du PNB, au profit des revenus du portefeuille titres et des commissions, ces dernières ont contribué à hauteur de 21% en 2020, contre 16% l'année précédente. La couverture des frais de personnel par les commissions est passée de 37 à 72% entre 2015 et 2020. Cette tendance est également dictée par les mutations réglementaires, avec les normes IFRS, et l'effet COVID qui impose beaucoup plus de rigueur sur le provisionnement. La banque compte néanmoins rester consolider sa place dans le concours à l'économie, et entend garder son statut de premier pourvoyeur de fonds pour le secteur agricole. 
 
Dans ce contexte inédit, les provisions ont justement évolué d'une façon exceptionnelle, passant de 130 à 221 MD, dont 71 MD non récurrents, en provisions collectives sur des actifs sains, exigées par la Banques Centrale. Mondher Lakhal voit le bon côté de cette mesure, qui permettra aux banques de constituer un matelas de fonds propres additionnel pour les deux prochaines années, qui ne seront pas faciles, admet le DGn d'autant plus avec la migration vers les normes IFRS, consommatrices de fonds propres. Une des faiblesses de la banque reste le taux de créances classées, supérieur à la moyenne du secteur, à 15,8 contre 14%. Le trend est certes bon depuis quelques années, mais les efforts de recouvrement doivent se poursuivre pour la mise à niveau comparativement aux autres banques. 
 
Sur le résultat net, la banque a subi une baisse de 17% vs 2019, en l'absence de plus values comme sur les derniers exercices, notamment sur SFBT, et avec les provisions supplémentaires et la charge exceptionnelle liée à la contribution de la banque aux fonds de lutte contre la COVID-19. L'activité a été fortement réduite au deuxième trimestre 2020, a signalé Lakhal. Sans ces éléments, la banque aurait atteint un bénéfice de 185 voire 2020 MD, comme le prévoyait le business plan. 
 
Les actionnaires ont soulevé la question des fortes créances sur certaines entreprises publiques, en particulier l'Office des Céréales. Le management s'est voulu rassurant face aux intervenants, rappelant que la banque a obtenu la garantie de l'Etat sur les engagements des entreprises publiques, en vertu d'un contrat programme, et que ce dernier a tenu tous ses engagements. Sur les 3,3 milliards de dinars de créances, la banque a converti 1 milliard de dinars en BTA, le reste étant totalement couvert par la garantie de l'Etat Sur sa participation dans le capital d'AMI Assurances, le Groupe BNA essaie de créer des synergies et se positionner sur tous les métiers de la finances et diversifier sa présence y compris dans des secteurs comme l'immobilier. A ce propos, Modher Lakhal a rappelé le caractère stratégique de la participation dans le capital de la SIMPAR, qui dépasse certes la limite réglementaire. Il n'est cependant pas question pour le management de brader le prix pour céder la participation excédentaire. 
 
Actuellement, les équipes de la banque travaillent sur un nouveau Business Plan, qui sera prêt avant la fin de 2021, a assuré le DG.  L'étude d'impact des IFRS est aussi en cours, le management s'est abstenu d'avancer sur des approximations, et attendra les travaux des équipes de la supervision bancaire. Interrogé sur le cours de l'action BNA, Modher Lakhal a fait preuve d'optimisme sur l'évolution future, avec le retour de la distribution de dividendes et les fondamentaux de la banque qui gagnent en solidité. A la clôture de la séance du 10 juin, le titre BNA coûtait 7,950 DT, soit un rendement de -10,07% depuis le début de l'année.
 
Au terme de l'AGO, les actionnaires ont validé la distribution de 0,500 DT par action, à compter du 1er juillet 2021
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