
Le professeur d'économie Nabil Alimi a confirmé, lors de son intervention sur les ondes de radio Express FM, que la récente mesure de la Banque centrale, durcissant les conditions de financement des importations de certains produits, ne constitue pas une interdiction d'importation, mais vise plutôt à les réguler et à les rationaliser dans un contexte économique précis.
A cet effet, il a expliqué que la circulaire de la Banque centrale s'inscrit dans une série de décisions antérieures, mais qu'elle comporte des mécanismes spécifiques. Elle interdit aux banques et aux intermédiaires financiers de financer l'importation de certains produits, stipulant que les importateurs doivent financer eux-mêmes ces importations. L’invité d’Expresso a toutefois noté que la Banque centrale a prévu d'importantes exceptions, notamment pour les marchés publics et les importations réalisées par les établissements industriels, à condition que les produits en question soient destinés à la production. Il a considéré cette mesure comme une avancée positive visant à protéger le secteur industriel national et à préserver l'emploi.
Poursuivant dans le même propos, Nabil Alimi a souligné que l'objectif principal de cette décision est de réduire le déficit commercial, d'autant plus que les biens concernés par les mesures sont majoritairement classés comme produits de luxe ou non essentiels. Cette décision vise également à freiner les pressions inflationnistes, tant en limitant le financement bancaire des importations qu'en atténuant l'inflation importée, compte tenu de la volatilité des marchés mondiaux.
Par ailleurs, l'économiste a également mis l’accent sur le fait que ces mesures pourraient stimuler la production nationale en remplaçant une partie des importations par des produits tunisiens. Ceci contribuerait à créer des emplois et à réduire le chômage, tout en préservant les réserves de change. Et d’insister sur le fait que le défi pour la Banque centrale réside non seulement dans le montant des réserves, mais aussi dans leur utilisation. En outre, Nabil Alimi a plaidé pour que ces réserves soient orientées vers les secteurs vitaux, notamment au vu des tensions internationales et de la hausse des prix de l'énergie.
Dans le même registre, l’économiste a considéré ces décisions comme faisant partie d'une approche proactive face à l'instabilité mondiale, mais a affirmé qu'elles demeurent insuffisantes à elles seules sans réformes structurelles profondes touchant les politiques économiques et financières.
Il a d’ailleurs averti qu'une réduction de l'offre sur le marché pourrait entraîner une hausse des prix et, par conséquent, une inflation plus élevée à court terme. Il a qualifié cette politique d'arme à double tranchant, notant qu'un équilibre pourrait être atteint progressivement grâce au développement de la production nationale.
L'invité d’Expresso a conclu en soulignant la nécessité de passer d'une approche réactive à l'élaboration d'une stratégie économique claire, capable de renforcer la résilience de l'économie tunisienne face aux chocs externes et d'assurer la pérennité de la stabilité financière à long terme.




































