
Selon le dernier numéro de Tema, la Tunisie enregistre une amélioration de sa situation d'endettement extérieur, mais cette évolution masque une fragilité croissante de la structure de son financement. La dette extérieure brute est passée de 125,8 milliards de dinars au premier trimestre 2025 à 126,4 milliards de dinars au premier trimestre 2026, soit une hausse limitée de 0,5 %. En revanche, le ratio dette extérieure/PIB a reculé de 87,6 % en 2021 à 70 % en 2026, grâce à une progression du PIB plus rapide que celle de l'endettement, traduisant un désendettement relatif plutôt qu'un remboursement massif de la dette.
Cette amélioration s'accompagne toutefois d'une profonde mutation de la structure de la dette. La part des emprunts à court terme est passée de 27 % à 43,5 % de l'encours total en cinq ans, tandis que leur montant a progressé de 31 à 55 milliards de dinars. Dans le même temps, les crédits commerciaux représentent désormais près de 30 % de la dette extérieure, contre 15 % en 2021, illustrant un recours accru à des financements de marché, plus coûteux et plus sensibles aux fluctuations des conditions financières.
Cette évolution accroît les risques de refinancement et expose davantage la Tunisie à d'éventuelles tensions sur les marchés internationaux. Le pays s'éloigne progressivement des prêts concessionnels de long terme accordés par les institutions financières internationales pour privilégier des financements plus courts et plus volatils. Ainsi, si le poids de la dette dans l'économie diminue, sa gestion devient plus complexe et sa vulnérabilité aux chocs extérieurs demeure élevée.
Source: TEMA
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