
Une nouvelle étude de la Banque mondiale montre que les économies dites de « frontier markets » (marchés frontières), composées majoritairement de pays à revenu intermédiaire et considérées comme les futurs pôles de croissance, n’ont pas tenu leurs promesses ces dernières décennies. La croissance de l’investissement par habitant dans les années 2020 est inférieure de moitié à celle des années 2010. Pourtant, l’expérience des pays les plus performants de ce groupe offre des enseignements importants pour les 56 économies concernées.
Ces économies, situées entre les marchés émergents et les autres pays en développement, disposent pourtant d’atouts importants : populations plus éduquées, institutions relativement solides, ressources naturelles stratégiques et intérêt croissant des investisseurs grâce à une faible corrélation avec les marchés mondiaux. Elles regroupent 1,8 milliard d’habitants et joueront un rôle clé dans la création d’emplois au cours des prochaines décennies.
Les marchés frontières regroupent aujourd’hui 1,8 milliard de personnes (un cinquième de la population mondiale) et devraient croître fortement dans les 25 prochaines années, notamment en Afrique subsaharienne. Ils jouent un rôle clé pour l’emploi futur et disposent de ressources stratégiques pour les technologies vertes et numériques. Toutefois, la majorité d’entre eux attire peu d’investissements : leur part dans les flux mondiaux de capitaux reste limitée (3,1 %) et la croissance de l’investissement par habitant stagne autour de 2 %.
Cependant, l’investissement reste insuffisant, les marchés financiers peu développés et la discipline budgétaire fragile. L’augmentation des dépenses publiques sans hausse équivalente des recettes a entraîné un fort endettement et de nombreux défauts de paiement, surtout depuis la pandémie de COVID-19.
Malgré ces difficultés, certains pays comme le Viet Nam, le Rwanda, la Bulgarie, le Costa Rica, le Panama et la Roumanie montrent qu’un autre chemin est possible. Leur réussite repose sur des politiques favorables à la croissance, des infrastructures adaptées, une meilleure gestion des finances publiques et un environnement institutionnel attractif pour l’investissement privé.
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