
Selon la nouvelle estimation publiée par Eurostat, la zone euro a enregistré un repli inattendu de 0,2 % de son produit intérieur brut au cours des trois premiers mois de l'année par rapport au trimestre précédent, infirmant la croissance de 0,1 % initialement annoncée pour les 21 pays de l'union monétaire.
Cette révision d'une ampleur inhabituelle s'explique par une chute de l'activité économique en Irlande nettement plus sévère que prévu, désormais chiffrée à 12,1 % contre une estimation initiale de 2 % par le bureau des statistiques irlandais. Cette correction majeure découle de l'intégration de nouvelles données relatives aux multinationales, dont le poids s'avère considérable sur l'économie irlandaise. Hors impact de ce PIB irlandais, la croissance de la zone euro fait preuve d'une stabilité notable, se maintenant autour de 0,2 % par trimestre selon les analystes de Capital Economics.
La dynamique européenne en début d'année a toutefois été soutenue par un phénomène d'achats anticipés de la part des entreprises et des consommateurs, cherchant à constituer des réserves face aux risques de pénuries et de hausses de prix engendrés par le conflit au Moyen-Orient opposant Israël et les États-Unis à l'Iran.
Les experts préviennent que cet effet d'anticipation devrait s'inverser dès le deuxième trimestre, ce qui laisse présager une stagnation du PIB de la zone euro au printemps, exclusion faite de l'Irlande.
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