
Depuis 2023, les investissements directs étrangers (IDE) en Tunisie progressent. Mais derrière les chiffres, les fragilités structurelles restent entières. Le secteur électrique et électronique capte à lui seul 46 % des flux, essentiellement via des extensions de sites de câblage automobile destinés à l'Europe. C'est précisément là le premier signal d'alerte : 89 % des projets recensés en 2025 sont des extensions de sites existants. La Tunisie ne conquiert pas de nouveaux investisseurs, elle fidélise ceux qu'elle a déjà.
La concentration est également géographique. Plus de 64 % des IDE se concentrent sur le littoral, autour du Grand Tunis et de ses environs. Les régions intérieures captent moins de 5 % du total. Sur le plan des investisseurs, l'Union européenne représente 65 % des flux, pendant que le Golfe se désengage et que l'Asie reste quasi absente.
Au final, les volumes demeurent insuffisants : les IDE représentent à peine 2 % du PIB, contre 5 à 6 % pour le Maroc. Même l'objectif 2026 de 4 milliards de dinars, s'il est atteint, ne suffira pas à changer d'échelle. Pour y parvenir, la Tunisie devra diversifier ses partenaires, rééquilibrer ses territoires et améliorer son climat des affaires pour les nouveaux entrants. Le chantier est vaste.
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