
En 2025, la Tunisie est parvenue à éviter la récession sans pour autant enclencher une véritable reprise économique. Après un léger recul de -0,1 % au premier trimestre, l’économie nationale a enregistré un rebond de +1,9 % au deuxième trimestre, porté principalement par le retour des pluies et la reprise de rattrapage de l’activité dans le bassin minier du phosphate. Ce sursaut est toutefois resté ponctuel, puisque la croissance a marqué un arrêt au troisième trimestre, avec une stagnation du PIB (0,0 %).
À l’issue des neuf premiers mois de l’année, la croissance s’établit à +2,4 % en glissement annuel. Pour l’ensemble de 2025, elle devrait se situer dans une fourchette comprise entre 2,2 % et 2,4 %. Un résultat d’autant plus surprenant que la consommation, traditionnel moteur de la croissance tunisienne, a nettement ralenti. Cette tendance se reflète dans la progression modérée des importations de biens de consommation, limitées à +1,2 %, contre +3,2 % en 2024 et une moyenne de +5,5 % sur la période 2020-2024.
Le ralentissement concerne aussi bien la consommation des ménages que celle de l’État. À fin septembre 2025, les dépenses publiques totales n’ont augmenté que de +2,7 % sur un an, contre +7,4 % sur la même période en 2024. Par ailleurs, les autres moteurs de la croissance n’ont pas affiché de performances significatives. Les exportations sont restées quasi stagnantes sur les neuf premiers mois de l’année, tandis que la faiblesse persistante de l’investissement se confirme à travers la progression limitée des crédits accordés à l’économie, en hausse moyenne de seulement +3,1 % depuis le début de l’année.
L’ensemble de ces indicateurs montre que l’économie tunisienne n’a pas encore amorcé une phase réelle de reprise. Elle a surtout bénéficié de facteurs conjoncturels favorables, tels que des conditions climatiques plus clémentes après deux années de sécheresse, la résilience des économies de la zone euro et une relative accalmie sociale dans le bassin minier du phosphate.
En réalité, l’économie nationale demeure engagée dans un processus de rattrapage des pertes causées par la pandémie de la Covid-19. Cela se vérifie notamment à travers le niveau de vie des Tunisiens : le PIB par habitant s’élève en 2025 à 8 220 dinars, un niveau toujours inférieur à ceux enregistrés en 2018 (8 302 dinars) et en 2019 (8 353 dinars).
(Selon TEMA)
Themes :
Les articles associés
-
47
-
364
-
64
-
734





































